mercredi 23 juin 2010

Tonton mérite son nom

Récemment, j'ai été mis en présence d'enfants. Des vrais. Qui rient, crient, pètent et bavent.

En cheminant, peu avant d'arriver à leur biotope, je me sentais un peu comme un poulpe de laboratoire devant un énième "test du bocal à ouvrir, cette fois sans les tentacules".

Je m'explique. Tonton n'a pas eu d'enfants dans son entourage immédiat depuis environ vingt ans. Il n'a donc quasiment aucune expérience, aucun précédent sur lequel s'appuyer. Si ce n'est sa propre expérience d'enfant, qui ne sert à rien puisque le rapport est désormais inversé. Une certaine appréhension m'habitait donc au moment de toquer à la porte.

Eh bien, en un mot comme en cent : ça s'est bien passé. L'enfant est un petit animal fantasque, qui gambade et tournicote de partout, mais assez inoffensif dans l'ensemble. Il regarde des dessins animés, comme tout un chacun. Avec son t-shirt sur la tête, comme...

Bon, j'avais prévenu : fantasques.
Ça, c'est de leur côté. Du mien... j'ai presque envie de dire, R.A.S., tellement les choses ont été paisibles. L'un des deux bambins est "grand", et donc parle l'adulte presque couramment. Fastoche. Il aime regarder moult fois son film préféré (mais IL PARLE PENDANT LE FILM), manger des chips et faire des batailles de coussin. Un mec normal, quoi, le rut en moins.

L'autre, encore un bébé (*), est tellement angélique que ça fait presque mal aux yeux, et que le coeur reste incrédule. Il ne fait quasi que gazouiller (re- *). Qu'à cela ne tienne : je fais semblant de comprendre, je réponds en anglais et dans la confusion ainsi créée, je lui pique de la pâte à modeler, voir ci-dessous. Re-fastoche. Quand il s'aperçoit de l'arnaque je lui sors un proverbe en espagnol. Ecoeuré, il cesse de m'adresser la parole pendant au moins... oh... une minute. C'est long, pour eux.
Blague à part : on peut répondre ce qu'on veut tant qu'on sourit.
Vous remarquerez que je me fais déjà à mon éventuel rôle de pédagogue : je n'ai pas fait de grosse teub à mon bonhomme.
Oui c'est un bonhomme, tas de mauvais plaisants. Va t'en faire un bonhomme correct tout en appuyant sur la presse à boudin de l'autre main et en parlant anglais, toi. Tu verras si c'est facile.

Bon. Sérieusement, c'était bien. Je me suis surpris à être calme, pas stressé du tout. Il suffit de répondre le plus clairement possible aux demandes (comme quand je parle à des étudiants, sauf que pour eux j'utilise des mots plus simples), d'être disponible et de ne pas abîmer ses interlocuteurs. Car oui, les enfants c'est rien que des chochotes. Le moindre enthousiasme excessif pendant la bataille de coussins, et c'est les larmes (sale cafteur).

Ah zut, je re-blague. J'ai du mal à vous en parler sérieusement, de cette entrevue. D'abord parce que ce support-ci s'y prête peu, et puis... pas envie d'être trop sérieux ou de creuser trop profond tout de suite, peut-être.

Info : pour interagir avec l'enfant, il suffit de beaucoup diminuer son degré d'exigence habituel, aussi bien pour la conversation que pour le contenu des activités. Donc, être patient.
La patience, moi, j'étais aux gogues quand ils l'ont distribuée. Pourtant, pour cette première fois du moins, ça n'a pas posé de problème. Je n'ai pas bronché, même quand môssieur "t-shirt sur la tête" m'a dit que mes chaussures avaient des talons de fille. Ni quand il a cafté pour le truc du coussin (même pas vrai, en plus). Ni quand il n'a pas fini ses pâtes, servies par mézigue en personne. Tonton est bonne pâte.

A modeler. Mais pas de triomphalisme! Si je ne me suis ni ennuyé ni énervé, c'est peut-être parce qu'ils ont été très sages, bicoze tout nouveau tout beau. Donc : à suivre.

Je fourmille de choses incongrues à leur enseigner. Ooooh, what fun. :)





(*) Ah oui : j'ai décidé de changer les appellations diverses données aux petits d'hommes,
appellations trop complexes à mon goût. Notez :
- Un bébé est un humain fort jeune, qui ne sait pas encore parler.
- Un enfant est un humain fort jeune, mais qui sait parler.

Tout le reste, à la poubelle. C'est de la déco. Qu'il marche ou pas, l'enfant, on s'en fout. Une girafe marche, mais ne sera jamais qualifiée pour être un humain, s'pas ? Un humain paralytique, mais qui parle (ou écrit, chipotez pas), reste un humain à 100%. Une girafe qui parlerait... devrait se présenter devant Tonton pour qu'il se pince, mais a priori recevrait le titre d'humain elle aussi.

Share/Bookmark

9 commentaires:

Pauline a dit…

Ca m'étonne pas qu'il y ait un bon feeling entre toi et les mini-humains.
Le t-shirt sur la tête, ça aide à se concentrer. Julian met un bonnet de bain pour lire, lui. Ca évite que les pensées s'échappent du cerveau.

Tonton a dit…

Thanks for sharing :D

Na a dit…

C'est pour qui que tu utilises un vocabulaire plus simple ? Les enfants ou les étudiants ??
J'ai pas compris la conclu (l'histoire de la girafe, tout ça) mais la description de l'apprivoisement mutuel est très mignonne...

isa a dit…

Un Tonton comme ça ils vont en redemander ! tu t'y prends très bien (parole d'ex baby sitter au long terme). Tu vas te marrer avec tes trucs incongrus ! et nous aussi sûrement ;)

Tonton a dit…

Na :
1. les étudiants
2. Merci ! Et je voulais dire que ce qui fait un humain (comprendre : un adulte), c'est la parole plus que le fait de marcher ou pas.

Isa :
Cool ! Natural born nanny, quoi. :)
Hier j'ai fait manger un bébé à la cuillère. Il mange les spaguetti coupées, le bougrou.

shell a dit…

Tu t'amuseras davantage quand les spaghettis coupés serviront de projectiles.... Cool, c'est génial les mômes profite, ça grandit vite!!

Chonchon a dit…

Bravo Tonton, dans un seul et même billet tu as résumé ce qu'est un enfant et donné les trucs de base (être patient, faire semblant de comprendre, parler plusieurs langues). Franchement, je n'en sais pas beaucoup plus ! (ah bon, ça se voit ? ;D)
Perso, je pense que tu aurais dû tenter la teub sur le bonhomme. Je suis sûre que ça ne les aurait même pas choqués.
P.S : tu dis "une" spaghetti ?

baldo a dit…

tu es prêt, tonton... tu es prêt!!!

Tonton a dit…

Merci les aminches !

 
Mto La Grand Combe